Lumières douces, ombres vives

« Lumières douces, Ombres vives » rassemble des nouvelles où l’intime affleure sous la surface du quotidien, où chaque existence porte en elle une part de clair-obscur. D’un récit à l’autre, les vies s’écoulent à la manière d’un fleuve : parfois calmes, parfois heurtées, charriant souvenirs, blessures et éclats de grâce, suivant une ligne mélodique tantôt fluide, tantôt brisée.

De l’enfance habitée par des figures tutélaires aux cicatrices de guerre, des errances urbaines aux silences familiaux, Remi Huppert explore les moments de bascule – ces instants fragiles où une vie se révèle, se fissure ou se réinvente. Nés de ses rencontres ou modelés par son inspiration poétique, spirituelle et onirique, ses personnages avancent à tâtons, traversés par des élans de tendresse, de regret ou d’incompréhension. La douceur des lumières et la densité des ombres se font écho dans un constant va-et-vient, à la manière d’un jeu de variations sur une même partition.

Remi Huppert écrit à la lisière du clair et du sombre. Ses textes progressent par fragments, entre réminiscences et retenues. De l’enfance aux conflits, du passé aux traces qu’il imprime, il esquisse des figures en tension, ni tout à fait égarées, ni véritablement délivrées.

 

Confiance aveugle

Le crissement des pneus déchire le quai du Louvre.
Un corps heurte le capot.
Puis le silence.
Une canne blanche roule jusqu’à la bordure.
Elle s’immobilise.
Sur le trottoir, un homme observe.
Quelque chose l’interpelle.
Il la reconnaît.
Mais le plus troublant,
c’est qu’il croit en voir une autre.
Pourquoi a-t-elle traversé sans regarder ?
Qui la guidait ?
Et surtout…
Jusqu’où peut-on mener une femme
qui ne voit pas le danger ?
Manipulation. Emprise. Mensonge.
Jusqu’à la note finale.


Katy Amaïzo est comédienne et autrice. Avec « Confiance aveugle », elle signe un roman à la frontière du thriller psychologique et de l’exploration intime, où la tension naît autant de l’intrigue que de l’invisible.

Le lundi à Bamako

Louis a tout pour réussir : de belles études, un poste de consultant bien payé, un goût sûr pour le café Nespresso et les tableurs Excel. Mais à bientôt trente ans, la crise de sens le guette ! 
Quand la Banque mondiale lui propose un poste à Bamako, il s’imagine en chevalier du développement, prêt à sauver le monde à coups de Powerpoints et de bonnes intentions.
Sur place, c’est la jungle de l’aide internationale qui l’attend : projets hors-sol, rapports absurdes, vacarme bureaucratique et egos démesurés, esprit néocolonial, clim en surchauffe et idéal en panne.
Dans cette comédie grinçante du progrès, les bonnes intentions grincent, les certitudes fondent et les illusions échauffent les esprits.
Un roman féroce et drôle sur la mondialisation des bonnes consciences.


Félix Boilève est polytechnicien et ingénieur des Mines. En 2020, il a soutenu une thèse sur la nature et la politique de l’expertise de la Banque mondiale. En voici le roman.

Va pour Emilie !

« On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes », dit le proverbe.
Émilie n’a pas eu la chance d’en être dotée dès sa naissance. Mais elles étaient néanmoins, forcément, quelque part ! Ce roman, à l’allure d’enquête policière, relate sa recherche acharnée et palpitante de ses origines. L’intrigue, haletante, se déploie entre la région parisienne et la Haute Provence, toujours splendide et parfois cruelle – région adorée par l’auteur qu’il décrit avec la passion du photographe et la précision chirurgicale du clinicien.
La vie d’Émilie aurait pu finir sur les marches d’une église, noyée par l’urine d’un chien. Elle survivra dans les crèches de l’Assistance Publique, alors infâmes, avant d’être adoptée par un couple bourgeois et secret, qui lui donne une solide éducation mais lui cache d’autant plus son histoire qu’il l’ignore. Devenue médecin, la jeune femme participera à la création du laboratoire de police scientifique de la PJ d’où elle pourra remonter le fil de sa vie.

Philippe Lévy est professeur de médecine. « Va pour Émilie ! » est son second roman, après « Le transit des corps », Balland (2010).

 

Kiss me, darling !

Une sympathique touriste mêlée bien malgré elle au cambriolage d’un musée londonien, un jeune couple de Liverpool cherchant à sortir d’une mauvaise passe, un Lord anglais amateur de whisky dont l’épouse se lance dans l’élevage des poules et des dindes, une jeune Française expatriée à Newcastle, une actrice un peu oubliée que l’actualité remet en lumière, un terrible crocodile capable de couper un buffle en deux d’un seul coup de mâchoires, un inspecteur de police perdu dans une bien ténébreuse enquête… Tels sont quelques-uns des personnages de cette histoire franco-britannique pleine de rebondissements hilarants qui nous mène tour à tour dans un grand hôtel de Londres, dans un Safari Parc, un château du Yorkshire, un café de Liverpool, un ball-trap de la campagne anglaise et jusqu’au parc d’attractions de Pleasure Beach, à Blackpool…

Avec « Kiss me, Darling ! » Benjamin Randow confirme son talent pour créer des personnages à la fois humains et attachants dans un roman où les péripéties d’une enquête policière et un vénérable coffret d’ivoire sont prétextes à de subtiles variations sur la vie de couple, dans lesquelles chaque lecteur assurément pourra se retrouver – entre Agatha Christie et Monty Python.